Le référendum revient à table. Faut-il revoir vos projets immobiliers?
20 oct. 2026
1995 fait partie de la mémoire du Québec. Ce n’est pas une prévision toute faite pour 2026.
Quand le référendum revient dans les conversations, les questions immobilières suivent : faut-il acheter, vendre, investir ou attendre? La comparaison utile ne consiste pas à savoir si l’ambiance rappelle 1995, mais si les mécanismes qui influencent le logement sont réellement les mêmes.

1995 : les faits et leurs limites

Le référendum du 30 octobre 1995 s’est terminé avec 50,58 % des voix pour le Non. Ce résultat serré aide à comprendre pourquoi l’incertitude de cette époque demeure si présente dans les souvenirs. Élections Québec
Le solde migratoire interprovincial du Québec était de −10 248 en 1995, de −15 358 en 1996 et de −17 559 en 1997, par année civile. Il était déjà de −10 252 en 1994. Ces soldes ne comptent pas les départs motivés par la politique. Le solde migratoire externe total, incluant les mouvements internationaux, restait positif en 1995 et en 1996. Institut de la statistique du Québec
Des gens sont effectivement partis; ces totaux ne permettent pas d’en isoler les raisons. Ils ne mesurent pas non plus la variation de valeur d’une maison particulière à Montréal.
Le financement comptait également. La Banque du Canada a associé les hausses temporaires des taux en 1994 et au début de 1995 aux préoccupations budgétaires et politiques, dans un contexte de turbulences financières mondiales. Plusieurs facteurs agissaient simultanément. Banque du Canada

La ressemblance : l’incertitude peut retarder les décisions

Dans les deux périodes, le lien immobilier plausible passe par la confiance. Un ménage peut reporter une offre, une entreprise remettre un bail ou un agrandissement à plus tard, et un investisseur exiger une meilleure marge de sécurité. Si cette hésitation se généralise, les ventes peuvent ralentir avant que les prix bougent.
Des départs réels ou un recul durable de l’embauche pourraient affaiblir la demande de propriétés et de logements locatifs. À l’inverse, le maintien de l’emploi et la formation de nouveaux ménages pourraient la soutenir. Ce sont des mécanismes possibles, pas une prédiction que 1995 se répétera.

La différence : il faut partir du marché de 2026

Le point de départ, ce sont les inscriptions, le financement et les budgets actuels, pas un prix dont on se souvient trente ans plus tard. En septembre 2026, les ventes dans la région métropolitaine de Montréal ont diminué de 12 % sur un an, tandis que l’offre de propriétés à vendre a augmenté de 20 %, selon l’APCIQ. L’inventaire progressait depuis quatorze mois consécutifs. Ces données décrivent un ajustement du marché; elles n’en attribuent pas la cause au référendum. APCIQ, 2 octobre 2026
Les difficultés d’abordabilité actuelles ont aussi plusieurs origines. Dans son analyse d’octobre 2026, la Banque du Canada souligne notamment les conditions de financement, la croissance démographique et les contraintes à l’offre de logements. Le débat politique s’insère dans ce contexte; il ne le remplace pas. Banque du Canada
Il faut aussi distinguer un débat, un engagement électoral, un référendum officiellement prévu et un changement constitutionnel mis en œuvre. Leurs conséquences économiques ne sont pas interchangeables. Le résultat de 1995 ne permet pas non plus de savoir ce qu’un autre résultat aurait signifié pour l’immobilier.

Quels signes rendraient la comparaison pertinente?

Je regarderais plusieurs indicateurs ensemble : ventes comparables conclues, nouvelles inscriptions, délais de vente, logements vacants, emploi, migration et financement hypothécaire. Une évolution locale persistante de plusieurs indicateurs est plus utile qu’un sondage ou une visite libre tranquille. Aucun indicateur, pris seul, ne prouve une cause politique.
Pour les vendeurs : établissez votre prix selon la concurrence et les transactions récentes. Une manchette ne justifie pas automatiquement un rabais; une hausse réelle des propriétés concurrentes mérite toutefois votre attention.
Pour les acheteurs : examinez la stabilité de vos revenus, les coûts mensuels, vos liquidités et la durée de détention envisagée. Un horizon plus long aide à absorber les frais de transaction et les fluctuations à court terme, sans garantir une appréciation.
Pour les investisseurs : testez les flux de trésorerie plutôt qu’une prédiction politique. Sur 60 000 $ de loyers annuels, une baisse de 5 % des loyers encaissés représente 3 000 $ de moins. Ajoutez 2 000 $ de dépenses imprévues : le coussin annuel nécessaire atteint 5 000 $. C’est un scénario illustratif de résistance, pas une prévision ni une analyse complète de placement.

La politique compte. Elle n’écrit pas toute l’histoire immobilière.

Affirmer qu’elle n’a aucun effet à long terme serait excessif. Les politiques touchant la construction, la fiscalité, l’immigration et l’investissement des entreprises peuvent modifier l’offre et la demande pendant des années.
La conclusion plus juste : la politique ne détermine pas, à elle seule, la trajectoire à long terme du marché immobilier. L’emploi, les revenus, la formation des ménages, le financement, l’offre de logements et l’attrait d’un emplacement comptent aussi. Cette lecture rejoint l’analyse des prix à long terme de la Banque du Canada. Banque du Canada
1995 nous donne du recul, pas une boule de cristal. Mon rôle est de vous aider à transformer l’information actuelle en une décision réfléchie pour votre propriété, vos finances et vos projets, sans laisser une manchette décider à votre place.
Mis à jour le 21 octobre 2026. Les comparaisons historiques servent de contexte, et non de prévisions.
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